Un champignon rare : Myriostoma coliforme (With. :Pers.) Corda.

P1010596-redim1024Notre dernière rencontre avec ce champignon, le Myriostome criblé, ou « poivrière » ou « pepper pot » remonte à 2010 lors des inventaires mycologiques que la municipalité de Mérignac (33) avait confiés au CEMA sur une période de trois années consécutives, sur ses sept parcs publics. Ce geastrum avait été trouvé par Jacques Beck Ceccaldi dans le parc de Tenet, sous Robinier pseudoaccacia.

Récemment, lors d’un séjour privé dans le Vallespir (Pyrénées Orientales 66), Sylvie Cantin Boyer a découvert une station d’une trentaine d’individus à des stades différents d’évolution, pour le grand plaisir de l’étude, à couvert d’un bosquet de jeunes Ailante (Faux vernis du Japon, ou Vernis de Chine) précisément sur la commune de Maureillas las illas, sur les flancs du col de Perthus, dans une zone fortement enthropisée.

La localisation géographique correspond aux premiers signalements par André Marchand en 1969 et 1971, dans les sables en bordure du Têt (Perpignan PO. 66), sous Robiniers.

Ce champignon, tenu pour rare, de la famille des géasters (double ou triple enveloppe) est très facilement identifiable par son enveloppe interne (endoperidium) percé de multiples ostioles (d’où son nom de « poivrière »), de couleur gris argent soutenu à l’état jeune, renfermant la gléba qui à maturité générera une multitude de spores. Entre l’endoperidium et l’enveloppe externe (exoperidium), qui s’ouvre en étoile on distingue très nettement des pédicelles ou piliers, en forme de colonnes (d’où son nom « coliformis ») qui semblent relier les deux structures. Avec cette particularité de présenter autant de colonnes que d’ostioles.

Synonymes :

Lycoperdon coliforme Dickson (1785) , Plantarum cryptogamicarum britanniae, 1, p. 24, tab. 3, fig. 4 (Basionyme) Sanctionnement : Persoon (1801)
Geastrum coliforme (Dickson) Persoon (1801) , Synopsis methodica fungorum, p. 131
Myriostoma anglicum Desvaux (1809) , Journal de botanique, rédigé par une Société de botanistes, 2(2), p. 104
Polystoma coliforme (Dickson) Gray (1821) , A natural arrangement of British plants, 1, p. 586
Myriostoma coliforme (Dickson) Duby (1830) , Botanicon gallicum seu synopsis plantarum in flora Gallica, Edn 2, 2, p. 853 (nom actuel)
Geastrum columnatum Léveillé (1846) , Annales des sciences naturelles, botanique, série 3, 5, p. 161
Geastrum hygrometricum var. coliformis (Dickson) Quélet (1886) , Enchiridion fungorum in Europa media et praesertim in Gallia vigentium, p. 239
Bovistoides simplex Lloyd (1919) , Mycological writings, 6, mycological notes n° 61, p. 883.

Classification :

Famille des Geastraceae, genre Myriostoma qui est un genre monospécifique puisque représenté par une seule espèce : Myriostoma coliforme.

Description : (cf MycoDB.fr)

  • Exopéridium
    • Couleur : blanc, crème, gris
    • Carpophore d’abord hypogé ou subhypogé, tubériforme, comprimé, 4-7 cm de diamètre, ochracé roussâtre, craquelé en écailles brun rougeâtre obscur, jusqu’à 15 cm une fois étalé après l’ouverture.
      Incisé jusqu’au milieu en 5-12 lanières triangulaires, incurvées ou récurvées, la couche mycélienne adnée, radialement rimeuse à l’état sec, la couche fibreuse blanchâtre et la couche charnue gris blanchâtre, enfin brun-jaune rougeâtre, marquée d’éraillures transverses mais non rimeuse.
  • Gléba
    • Couleur brune
    • Sporée brun chocolat clair.
  • Endopéridium
    • Non stipité , subglobuleux, comprimé aux deux pôles, jusqu’à 5 cm selon le plus grand diamètre, finement vermiculé, brillant, gris argenté ou gris plombé, perforé comme un crible de multiples trous, chaque ostiole de 1-2 mm de diamètre, un peu proéminent, non délimité, poudré de brun par les spores ; environ une douzaine de pédicelles supportent l’endopéridium comme autant de petit piliers dressés, concrescents ou séparés, pleins, rigides, comprimés, hauts de 3 à 5 mm environ. Pseudocolumelles nombreuses.
    • Ostiole Sillonné.
  • Myriostoma coliforme
  • Spores
    • Rondes ,subglobuleuses, 3,5-4 µm, ornementation exclue, fortement verruqueuses, verrues longues de 1,25-1,75 µm, irrégulières, parfois courbées, crochues, clavées du bout, au nombre d’une dizaine sur le pourtour; ectospore bien apparente.

Myriostoma JBC

(Planche spores et capillitium : Jacques Beck Ceccaldi)

Pour aller plus loin je vous suggère de visiter l’article de notre conseiller scientifique du CEMA, Jacques Guinberteau:

Découverte d’une nouvelle station en Gironde d’un champignon très rare en Aquitaine : Myriostoma coliforme (Miscellanea Mycologica n° 84-septembre 2005).

À l’adresse

http://www.vallee-du-ciron.com/Nature/champignon/MycofloreDunaire2006/JG-Miscellanea%20Mycologica%2084.pdf

Bonne lecture sur cette espèce qui mérite d’être signalée.

myriostoma coliformis

(Planche Jacques Beck Ceccaldi)

Jacques Boyer CEMA juin 2019. Images Sylvie Cantin Boyer.


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