1° mai 2022 : du muguet et des amanites de printemps à Onesse et Laharie.

1° mai 2022 : du muguet et des amanites de printemps à Onesse et Laharie.

Sur proposition de nos amis landais (Somyla : Pascal Ducos), le Cema (J. Boyer et Aurélie Sanchez), la SLB (Brigitte vignot), et la SMB (Yves Cestac) ont participé à cette rencontre annuelle devenue mythique à la découverte des amanites de printemps sur Onesse et Laharie (Landes).

Elles étaient bien au rendez-vous.  Point besoin de fureter dans la pinède : leur lieu de pousse privilégié étant les bas-côtés des routes, (au point qu’il faut faire attention en garant les véhicules afin de ne pas les écraser), ainsi que les airials, ces clairières boisées de chênes tauzin typiquement landais, soit des terrains nus bien éclairés, voire remués par le passage des engins forestiers. Leur écologie est donc des stations ouvertes xérothermophiles des pinèdes (Pinus pinaster) en compagnie des chênes tauzins (Q. pyrenaica), chênes pédonculés (Q. pedunculata), chênes lièges (Q. suber) qui forment le Pino-quercetum-suberis.

Ainsi, les A. gilbertii (A. plantoir à radis), A. curtipes, (ex valens, actuellement fo. pseudovalens), A. boudieri (A. toupie), A. bellei (boudieri var. bellei), nous attendaient pour ces rencontres, avec l’indispensable plantoir pour les déterrer proprement, puisque unes des caractéristiques de ces amanites, du moins à l’état jeune est de croître profondément dans le sable. En supplément quelques girolettes, un B. aestivalis, A. jonquillea, A.rubescens et une troupe d’Inocybes obscura.

Amanita gilbertii. Beauseigneur: la plus spectaculaire des amanites vernales. Chapeau blanc pur à blanc ivoirin, lisse, pied sous forme de bulbe puissant napiforme en « plantoir ou cornet de glace » profondément enfoui dans le sable et engainé par une volve membraneuse épaisse largement évasée, présentant souvent une constriction dans sa portion supérieure. Anneau membraneux juponnant (cf A. proxima). Les lames sont blanches mais peuvent prendre une tonalité rosâtre à maturité.  Chair compacte, blanc pur immuable.

Amanita boudieri. Barla : chapeau blanc crayeux uniforme avec un aspect farineux pulvérulent dû aux débris de voile général (verrues). Marge floconneuse. Bulbe puissant typiquement en « toupie ». Chair blanche, immuable, non oxydable.

Amanita bellei. Beauseigneur : le chapeau présente des restes de voile verruqueux. Les lames présentent une tonalité rose dès leur jeunesse et à tous les stades de maturité. Attention les gilbertii peuvent aussi présenter des lames de couleur saumonée sur le tard. La chair est de couleur «jaune de Naples ». Cette espèce ne serait qu’une forme de la boudiri : A. boudieri fo. bellei. Espèce endémique de la région landaise.

Cette photo est une image d’archive du Cema, prise dans le parc naturel de Donana (Andalousie)

Amanita curtipes. Gilbert : typiquement courte sur pied « inde nomen ». Chapeau blanc pur puis vite ochracée sous l’effet de la lumière. Les lames sont épaisses, rigides, ventrues, évoquant certaines russules de la section Lactarioides. Le pied plein puis parfois creusé d’un canal médullaire chez l’adulte présente une volve ample. La chair est blanche mais très oxydable : rougissement à la manipulation ou à la coupe.

Vous trouverez d’autres images de ces amanites printanières landaises dans les publications d’Aurélie Sanchez sur le site Champignons de France – Mycologie Numérique.

Astuce de terrain : (Brigitte Vignot, Pascal Ducos)

  • A. gilbertii : chapeau blanc pur sans débris vélaires.
  • A. boudieri : cuticule blanche puis vite crème, avec des débris vélaire difficilement séparables.
  • A. bellei : cuticule identique, mais avec des débris vélaires facilement détersibles sous le doigt.

Nota : Attention aux confusions avec les variétés à lames rose d’espèces non vernales mais plutôt automnales et pourvue d’un anneau membraneux :

  • A. echinocephala var. subbellei. Neuville et Poumarat,
  • A. gracilior var  belleioides. Neuville et Poumarat.

Rappel de taxonomie :

Les Amanitales sont passées dans l’ordre des Plutéales ! Elles sont classées en différentes sections :

  • Roanokense : ovoidea, proxima, gilgertii (Beauseigneur),
  • Amidella : ponderosa (Andalousie, sud Portugal), curtipes ( valens) = fo. pseudovalens,
  • Mappae : citrina, porphyria, astéroprus,
  • Lepidella : strobiliformis, echinocephala, boudieri et boudieri fo. belleii,
  • Valideae : rubescens, excelsa var, spissa, franchetii,
  • Phalloideaceae : phalloïde, verna, virosa (KoH jaune ?).
  • Sous genre Amanita : muscaria, pantherina, junquillea (gemmeta), eliae, gioisa (junquilla médit = A. joyeuse).

Toxicité des Amanites : différents syndromes

Syndrome phalloïdien : A. phalloïde, A. verna, A. virosa,
Syndrome panthérinien : A. muscaria, A. pantherina, A. gemmata = jonquillea, a. eliae. A. gioiosa (méditerranéenne)
Syndrome proximien : A. boudieri, A. boudieri fo. Belleii, A. proxima

à noter : les amanites dont la partie supérieure de l’anneau est lisse sont toxiques.

A contrario, celle dont la partie supère de l’anneau est strié sont comestibles (différenciation entre rubescens et pantherina).

Bibliographie :

Un grand merci à nos amis Landais, en particulier à Pascal Ducos, organisateurs de cette journée.

JB Cema 2022.


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