Escapade en Vallespir, acte II.

Battarraea phalloides(Dicks. : Pers.) Pers.

Division – Classe – Ordre – Famille : Basidiomycota / Agaricomycetes / Agaricales / Agaricaceae.

Battarrea phalloides (Dickson) Persoon (1801), Synopsis methodica fungorum, p. 129, tab. 3, fig. 1 (nom actuel)

Synonymes  : Lycoperdon phalloïdes Dicks. (1785), Phallus campanulatus Berk. (1842), Ithyphallus campanulatus (Berk.) Schltdl. (1933).

L’orthographe du Genre varie suivant les auteurs : Battaraea, Batarrea, Battarraea, dédié au mycologue Giovanni Antonio Battarra (1714-1789).

L’épithète spécifique phalloides signifie semblable à un phallus et fait référence à la similitude de la volve avec le genre Phallus .

Battarrea phalloides [nb 1] est une espèce  de la famille des Agaricaceae. C’est l’ espèce type du genre Battarrea . 

 Battarrea phalloides est communément connu sous le nom de « vesse-de-loup à tige écailleuse » et de « stiltball sablonneux », d’échasse sableuse oude vesse-de-loup à tige du désert  ; un nom commun donné à l’espèce B. stevenii est le « pilon du désert ». À Chypre, il est connu localement sous le nom de « champignon de l’âne », un nom qui peut être dérivé du fait que les spores étaient autrefois utilisées comme agent antiseptique et antiprurigineux naturel appliqué sur le dos des ânes, (ressemblance avec le pénis de l’animal). 

Description :

Bien que son aspect général ressemble à un agaric, au sommet de la tige se trouve un sac de spores, composé d’un peridium et une gleba interne poudreuse. À maturité, ce sac de spores se rompt pour libérer les spores

Exopéridium : Blanc, Brun, Gris. Tête de 25-45 mm de diamètre formée d’un disque blanc grisâtre convexe, surplombé par un amas pulvérulent de spores de couleur rouille. Lorsqu’il est jeune, le corps du champignon est à peu près sphérique et complètement enfermé dans une paroi externe (exoperidium) qui se divise ensuite de manière circoncise (le long d’une ligne circulaire ou équatoriale), la paroi inférieure formant une volve et la partie supérieure formant des écailles qui recouvrent le mur intérieur. La partie supérieure roule vers le haut et vers l’arrière et finit par tomber en un seul morceau, exposant un sac de spores bordé d’un anneau étroit de capillitium et de spores . 

Gléba : Brune, inodore, saveur de bois, coriace. La gleba est en grande partie composée de deux types de fils. Le pseudocapillitium a des hyphes jusqu’à 5 µm de diamètre, pour la plupart à paroi mince, lisses, cloisonnés, peu ramifiés, hyalins à jaune pâle, avec des pinces. Les élatères ont des diamètres de 3,5 à 7 µm et une longueur de 32 à 70 µm; ils sont jaune pâle, à parois lisses, effilés et cylindriques avec des épaississements en spirale. Les élatères glèbales sont aseptées et non ramifiées. 

Stipe : 10-40 x 1,5-2,5 cm, blanc, s’amincissant vers la base, finement recouverte de méchules concolores. Le pied creux est brun pâle à brune, ligneuse et a une surface fibreuse, écailleuse ou même laineuse. 

Chair coriace, concolore.

Volve en sac, gélatineuse à la base puis durcissant en séchant, de couleur blanche, teinté de rouille par endroits, mesurant 14-21×17-45 mm. La fragile volve mesure jusqu’à 15 sur 13 cm (5,9 sur 5,1 po) de large, non attaché à la tige et formé de deux couches de tissu distinctes et séparées. La couche interne ressemble aux écailles du pied, constituées d’hyphes de 3 à 18  µm de diamètre, étroitement disposées (presque parallèles), cloisonnées, peu ramifiées, ocre jaunâtre. La couche externe du tissu fongique est plus épaisse, membraneuse, parfois avec une texture liégeuse lorsqu’elle est sèche et d’un blanc sale. Il se compose d’hyphes jaune pâle entrelacés difficiles à distinguer individuellement et sans restes de matrice gélatineuse. 

Spores : Subglobuleuses à ovoïdes, 5-5,5 x 5,5-6,2 μm, finement et densément verruqueuses, à  paroi épaisse, brun rouille. Les élatères mesurent 50–80 sur 4–6 µm et ont des épaississements en forme d’anneau ou en spirale.  Les spores sont collantes. Au fur et à mesure que celles-ci sont emportées par le vent, l’action desséchante de ce dernier fait que les bords du péridium s’enroulent davantage, exposant ainsi plus de spores.

100 x

Ecologie : Souvent sous Cupressus, sur terrains acides ou arides. Visible toute l’année. Solitaire ou grégaire. Battarrea phalloides se trouve dans des endroits secs et sablonneux du monde entier (sur des haies sèches). Elle a été collectée en Afrique, en Asie, en Australie, en Europe, en Amérique du Nord (principalement dans les régions occidentales) et en Amérique du Sud. Il existe actuellement un certain désaccord dans la littérature quant à savoir si le B. stevensii européen est la même espèce que B. phalloides. Les exemplaires photographiés poussaient dans une litière épaisse d’une haie de Cyprès de provence à Maureillas la illas (Vallespir, 66).

Comestibilité : Sans intérêt. Odeur nulle. Saveur douce, goût boisé. Les fructifications peuvent persister plusieurs mois après avoir séché.
C’est une espèce relativement rare, mais qui peut être localement abondante. Espèce menacée d’extinction dans le monde, elle est à protéger impérativement.

Sources : Champinet (Nicolas Schwalb), MycoDB, Fungi of Great Britain and Ireland.

Leg et dét. Sylvie Cantin Boyer (CEMA).

Jacques Boyer (CEMA : cema-mycologie.fr, RMSO). 2022.


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